Mycose ou pied d’athlète · est-ce la même chose ?

Est-ce que la mycose des pieds et le pied d’athlète sont deux choses différentes ? J’ai mis un temps ridicule à comprendre la réponse, qui tient en une phrase : le pied d’athlète est le nom courant d’une mycose qui touche la peau du pied, surtout entre les orteils.

Ce n’est donc pas deux problèmes, c’est un vocabulaire qui change selon qui parle. Et cette confusion m’a fait perdre des soirées entières de lecture.

Pourquoi deux noms pour une même chose

« Pied d’athlète » est une traduction de l’anglais, héritée des vestiaires et des douches collectives où ces champignons circulent bien. Le terme décrit une situation de contamination plus qu’une maladie distincte. Dans les documents français que j’ai consultés, c’est le mot mycose qui domine, avec une précision sur la zone touchée : entre les orteils, sur la plante, ou sur l’ongle.

Cette dernière distinction compte davantage que la précédente. Une atteinte de la peau et une atteinte de l’ongle ne se traitent pas de la même façon ni sur la même durée. J’y reviens dans mon article sur la mycose de l’ongle, parce que c’est là que les déceptions arrivent.

Ce que j’ai vu sur mes propres pieds

L’été de mes quarante-deux ans, après trois semaines de piscine municipale avec les enfants, j’ai eu la peau qui pelait entre le quatrième et le cinquième orteil du pied droit. Une fissure au fond, un peu de démangeaison le soir, une odeur que je ne connaissais pas.

J’ai regardé des photos en ligne pendant une heure. Mauvaise idée. On trouve des images de tout et n’importe quoi, légendées n’importe comment, et au bout de vingt minutes j’étais persuadée d’avoir quatre affections différentes. Les photos servent à se faire peur, pas à savoir.

Je ne pose aucun diagnostic et je n’ai aucune formation médicale. Une lésion qui s’étend, qui suinte, qui devient douloureuse, ou qui ne cède pas après deux à trois semaines de soin local demande l’avis de quelqu’un qui peut examiner votre pied. C’est encore plus net si vous vivez avec un diabète ou si votre système immunitaire est affaibli.

Ce qui l’attrape, et où

Les sources publiques se rejoignent sur un point : ces champignons apprécient la chaleur, l’humidité et le confinement. Les endroits cités reviennent presque toujours dans le même ordre, et je les ai tous fréquentés cet été-là.

  • Les sols humides partagés : piscines, douches de camping, vestiaires de salle de sport.
  • Les chaussures fermées portées toute la journée, surtout en matière synthétique.
  • Les chaussettes gardées après une activité qui fait transpirer.
  • Le linge de toilette partagé à la maison, qui explique pourquoi ça circule en famille.

Chez nous, les serviettes étaient le maillon faible. Une serviette par personne, lavée à soixante degrés, a changé plus de choses que n’importe quelle crème.

Ce que j’ai fait, et combien de temps ça a pris

J’ai acheté un antifongique en vente libre en pharmacie, en expliquant ce que je voyais plutôt qu’en demandant un produit par son nom. J’ai suivi la notice, y compris la phrase que tout le monde saute : continuer l’application une à deux semaines après la disparition des signes visibles.

C’est précisément cette phrase qui fait la différence entre une gêne qui disparaît et une gêne qui revient trois semaines plus tard. Je l’avais ignorée la première fois. La deuxième année, je l’ai respectée, et je n’ai rien eu depuis.

En parallèle, j’ai changé des habitudes qui ne coûtent rien : séchage orteil par orteil après la douche, chaussettes en coton changées tous les jours, chaussures alternées d’un jour sur l’autre pour qu’elles sèchent complètement. Le séchage est le geste qui revient dans tout ce que j’ai lu, et je le détaille dans mon article sur le bain de pieds au gros sel.

Ce que ce n’est probablement pas

Toute peau qui pèle entre les orteils n’est pas une mycose. Une irritation par frottement, un eczéma, une réaction à une matière de chaussure donnent des aspects proches pour un œil non formé. Même chose pour les petites excroissances sous la plante : une verrue plantaire, dont l’Assurance maladie décrit les formes, n’a rien à voir avec un champignon, et un produit antifongique n’y fera rien.

C’est pour ça que l’automédication prolongée me paraît une mauvaise idée. Deux à trois semaines sans amélioration, et il faut un avis.

Combien de temps avant que ça parte

C’est la question que je me suis posée tous les trois jours la première fois, et la réponse que j’ai trouvée ne m’a pas plu : plus longtemps qu’on ne le voudrait.

Pour la peau entre les orteils, les notices que j’ai lues annoncent une amélioration visible en une à deux semaines, avec une poursuite du traitement une à deux semaines après la disparition des signes. Chez moi, la démangeaison a cédé en cinq jours, la peau a cessé de peler vers le douzième jour, et j’ai continué jusqu’au vingt-cinquième. C’est long pour quelque chose qui ne se voit plus depuis deux semaines, et c’est exactement là que la plupart des gens arrêtent, moi la première l’année précédente.

Pour l’ongle, les durées changent d’échelle et se comptent en mois. C’est une situation différente, que je traite à part.

Ce que je fais avec les chaussures

Traiter la peau sans s’occuper des chaussures revient à repeindre un mur humide. Les miennes passaient des journées entières fermées, puis une nuit dans un placard fermé lui aussi.

J’ai changé trois choses. Je fais tourner deux paires au lieu d’en porter une seule, pour qu’une paire sèche complètement pendant vingt-quatre heures. Je laisse les chaussures ouvertes près d’une fenêtre plutôt que dans le meuble d’entrée. Et j’ai remplacé mes chaussettes synthétiques par du coton, changées tous les jours, lavées à soixante degrés pendant la période où je soignais la peau.

Une remarque sur les sprays désinfectants pour chaussures : j’en ai acheté un, je ne sais pas s’il a servi à quelque chose, et je n’ai aucun moyen de le vérifier. Je le mentionne pour être complète, pas pour le recommander.

Ce que je surveille maintenant

Chaque été, quand la piscine revient dans notre rythme, je reprends les mêmes habitudes avant d’avoir le moindre signe. Serviettes individuelles, séchage complet, tongs dans les douches collectives. Les enfants trouvent ça excessif, et ils ont peut-être raison, mais nous n’avons plus rien eu depuis trois ans.

Si vous cherchez par où commencer, commencez par les serviettes. C’est gratuit, c’est immédiat, et chez nous ça a réglé l’essentiel.

Portrait de Virginie Castets
Virginie Castets

Virginie écrit sur les pieds en curieuse, sans titre ni formation dans le domaine. Elle lit, elle essaie chez elle, et elle renvoie vers un professionnel de santé dès qu’un symptôme dépasse le soin courant.